Voyager ou avoir un enfant : Faut-il choisir ?


    Peut-on avoir un enfant quand on aime voyager ? Faut-il faire des enfants ou bien oublier la parentalité et partir au bout du Monde ? Voyager et être parent, c'est compatible ?

    Avant même de me lire, n'oubliez pas qu'il n'y a pas de règle, on peut être maman, papa, ou pas, on peut en avoir envie ou pas du tout et c'est très bien dans les deux cas. Etre parent, ça peut arriver par hasard ou bien se contrôler mais chacun écrira l'histoire de sa vie comme il l'entend, avec mioches ou sans, tout est possible ! Et même si notre décision n'est pas celle que nous avions prévue, on s'adapte ! On peut être heureux de mille manières, on fait avec ce qui nous arrive, l'important est de ne rien regretter et de prendre la vie comme elle vient.

    Et surtout, inutile de trop réfléchir ou de rationaliser, car cette décision n'a rien de rationnelle ! Voici mon histoire...

    1. Maman, moi ? Jamais !

    La parentalité n'a jamais été à l'ordre du jour me concernant. Tous mes proches (et même certains inconnus) en témoigneront. Car je l'ai parié haut et fort depuis des années, et à qui voulait l'entendre, "jamais au grand jamais je ne ferais la monumentale erreur de devenir maman "!

    Quel intérêt franchement ? A part celui de finir épuisée sous les tâches ménagères ? De mettre au monde un futur insupportable adolescent ? De mettre en péril mon couple et ma vie sociale ? Et pire encore : NE PLUS JAMAIS VOYAGER COMME AVANT.

    Au secours ! Très peu pour moi. Merci. Au revoir.

    Vous vous en doutez, à ce pari j'ai lamentablement perdu... Ma crédibilité est alors tombée à zéro.

    Pourtant j'ai tenu bon des années, parfaitement insensible aux arguments inépuisables des happy parents de mon entourage. Il faut dire que face à des phrases du type "On peut avoir des enfants et voyager. La preuve on est partis dix jours en Thaïlande avec notre fille, c'était super..." me confortaient dans l'idée qu'en effet, si je devenais maman, je ne voyagerai plus jamais pendant des mois en dehors des sentiers battus...

    2. Test de grossesse et Bangladesh

    Alors comment ai-je changé d'avis me direz-vous ? Et bien c'est très simple : je n'ai jamais changé d'avis. A défaut de décider de faire un enfant c'est l'enfant qui a décidé de venir au Monde par surprise.

    Et pour être bien sur que je ne puisse pas revenir en arrière, il s'est fait connaître en plein milieu de mon voyage entre Inde, Népal et Bangladesh, à Dhaka ! Une ville des plus polluées et des moins recommandées en matière médicale.

    C'était sa façon à lui (au "mini-moi" qui grandissait dans mon ventre) de me faire comprendre que grossesse et parentalité ne rimaient pas forcément avec vie aseptisée.

    Pour l'anecdote voici la photo de mon test de grossesse qui vaut le coup d’œil ! Un bout de papier emballé dans un carton "new technology of USA" écrit en très gros et "made in China" en plus petit. Avec la photo d'un sosie de Nicole Kidman qui n'utilisera jamais ce produit de sa vie, c'est certain !

    3. L'arbre et la Pirogue

    Lorsque j'ai réalisé ce qui m'arrivait dans ma chambre d'hôtel à Dhaka, j'ai eu le grand frisson. La sensation que je commençais une aventure palpitante ici et maintenant.

    C'est alors qu'un dicton m'est revenu en tête.

    Et c'est à partir de ces quelques mots que j'ai définitivement changé ma façon de penser.

    Le voici :

    Tout homme est tiraillé entre deux besoins, le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité, et les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre; jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue.

    (Mythe mélanésien de l’île de Vanuatu)

    Après une courte réflexion, j'ai volontiers accepté de changer mon itinéraire pour que ma graine de voyageur continue de grandir à l'intérieur de moi. J'ai donc renoncé à 15 jours au Népal que j'ai remplacés par du farniente au Kérala (sud de l'Inde), car "le Népal, ça secoue trop" m'ont dit les médecins bangladeshis et indiens.

    4. La drogue de la femme enceinte

    Ce qui est formidable quand on tombe enceinte c'est que l'on est immédiatement déconnectée de toute réalité. Car la nature est beaucoup trop bien faite ! Ma raison et ma conscience ont fait un black-out pendant 8 mois pour m'éviter de tergiverser. A mon retour en France (enceinte de 3 mois), les hormones de grossesse m'ont shootée d'un instinct maternel très puissant. Et mon cerveau devenait monomaniaque, la question "comment va le bébé? " était devenue ma seule préoccupation.

    Je me foutais éperdument de ne pas pouvoir planifier de grand voyage dans les deux ans à venir. Pour une seule raison : ces hormones sont purement et simplement les drogues les plus fortes que je n'ai jamais goûtées.

    Mon accouchement a été ultra douloureux, j'ai hurlé à la mort un cri animal des plus sauvages mais le surlendemain j'en parlais comme d'une "expérience unique, sublime et incontournable dans la vie d'une femme.." Bref je glissais déjà sans m'en apercevoir dans cette sphère des parents semi-masochistes et semi-fous.

    5. Le faire-part de naissance de mon fils Ulysse

    Voici le faire-part de sa naissance qui en dit long sur mon état d'esprit. D'accord je suis maman, ça c'est fait et c'est définitif. Mais hors de question que mes voyages au bout du Monde s'arrêtent là...

    6. De la vie de bohème à la vie de famille

    Etre enceinte et se la couler douce, c'est une chose, mais s'occuper d'un être vivant c'est une autre paire de manches. J'avais une vie sans horaires, sans contraintes, sans attaches. J'ai désormais un réveil qui fait "mamaaaaaaann!" , des tâches ménagères en veux tu en voilà et surtout un petit être humain qui a tout le temps et absolument besoin de moi !

    Adieu improvisation qui rythmait mes journées, bonjour biberons, couches et éducation de jour comme de nuit. Au revoir énergie et teint frais matinal, bonjour cernes et cheveux blancs. Adios les soirées entre potes jusqu'au petit matin, bonjour les nouilles à 19h et la lessive à 20h.

    Non mais sans blagues il s'est passé quoi ??

    Et puis, comment vais-je partir en voyage maintenant ? Cette question m'a très vite angoissée...

    7. Peut-on voyager quand on a un enfant ?

    Alors, revenons à la question principale : Faut-il faire un enfant quand on aime la vie nomade, l'aventure et les voyages improvisés ?

    Votre perception du temps changera. Un an quand on est parent, ça passe beaucoup plus vite que quand on ne l'est pas. Votre temps deviendra donc de plus en plus précieux. La crainte de ne pas réaliser vos rêves de voyages vous poussera à dépasser vos limites et celles de votre enfant, à ne pas écouter les conseils de ceux qui sont peureux et frileux.

    Je ne vais pas vous mentir, un enfant vous rendra forcément plus sédentaire car il ne peut pas suivre votre rythme tout de suite. Mais la bonne nouvelle c'est que tout est relatif. Si vous êtes un grand voyageur, vous voyagerez à un rythme plus lent et de façon plus organisée, vous éviterez certains destinations au début mais rien ne vous arrêtera de façon définitive. Vos priorités pour le voyage et la découverte du Monde ne changeront pas

    Une chose est sure, vous vous adapterez. J'ai muté. Je suis passée d'égoïste pure à altruiste à mi-temps. De baroudeuse à maman voyageuse. J'accepte de faire des concessions en voyage pour mon fils car il est devenu ma priorité, un peu comme par magie. Je n'ai pas eu à m'en convaincre ce fut automatique.

    Je suis moi-même fille d'un voyageur, j'ai passé tous mes étés sur un voilier depuis ma naissance (la maladie du voyage serait-elle héréditaire ?). Concilier voyages et enfants, ça revient à offrir à mon fils ce que mon père a pu m'offrir. Ce sentiment de transmettre ma passion à un petit être qui absorbe tout ce que je lui transmets, c'est un truc de fou !!!! J'aime choisir mes destinations en pensant à ce qu'il découvrira. J'aime me dire que chaque année il sera un peu plus capable d'aller plus loin, plus longtemps, plus haut...

    8. Concrètement, ai-je voyagé depuis que je suis maman ?

    1) Mes voyages en famille avec le papa et le bébé

    Nous avons beaucoup bougé en France pour sa première année, car à moins d'un an, un bébé c'est comme une peluche. Nous aurions pu aller n'importe où dans le Monde mais nous avons du déménager deux fois (bigre) donc ce n'est pas le bébé qui nous a freiné mais l'appartement.

    A ses 18 mois, nous sommes partis un mois au Costa Rica. Je rêvais déjà de cette destination avant l'arrivée de mon fils. Ce que ça a changé par rapport à avant ? J'ai pris des hôtels plus confortables (et donc plus chers) et je n'ai pas pu faire toutes les activités sur place. Mais pas de frustrations car voir mon fils dire "¿hola, qué tal?" au milieu des singes et des toucans c'était exceptionnel.

    A ses deux ans, nous sommes partis pour un road trip de deux semaines en Bulgarie. A 2 ans ce n'est déjà plus un bébé mais un petit garçon qui s'intéresse au Monde qui l'entoure.

    A ses deux ans et demi, nous avons passé un mois au Sri Lanka et enfin trois semaines à Bali pour ses trois ans (sans compter les pérégrinations en France).

    Et puis voyager en famille c'est bien mais être maman ne doit pas vous empêcher de partir seule à droite et à gauche loin de toute obligation maternelle. Au contraire, c'est vital. Minimum quatre fois par an en ce qui me concerne.

    2) Mes voyages sans le papa (byebye) !

    Je suis séparée du père de mon fils (mais je vous rassure, même si je n'avais pas eu d'enfant avec lui on aurait pas continué la route ensemble...).

    Depuis, je découvre les joies du voyage en solo (je suis partie seule à Madagascar et seule en Ethiopie et dix jours à NYC pour une fiesta inoubliable, grâce à la magie de la garde alternée.

    Je n'éprouve aucune culpabilité à me séparer de mon fils pour deux semaines (même s'il me manque!), car je reste en contact chaque jour grâce à whatsapp et mon compte instagram.

    3) Mes voyages en monoparental avec mon fils

    Me retrouver seule avec mon fils ne m'empêche pas de voyager. même si j'ai du attendre ses 5 ans pour me décider à partir loin et longtemps, c'est le début d'une aventure extraordinaire (et je pèse mes mots). Je crois même que voyager seule avec lui c'est encore plus grisant que de voyager seule...

    Seule avec mon fils, je suis partie :

    Et puis, je viens de passer mon permis, alors j'ai plein d'idées de road trip avec lui !

    Au passage, je remercie les créateurs de la Fabrique à histoires, ça aide beaucoup à occuper un enfant en voyage !

    Pour finir, un gif que j'aime beaucoup :) Bonne route à tous !

    Mes articles sur les voyages avec enfant

    Voici les articles que je vous invite à lire si vous voulez partir en voyage avec un ou des enfants :





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