Quelles sont les destinations les plus lointaines de la France en avion ?
- Philomène Martinelli
- 19 déc.
- 9 min de lecture
Quand on parle de voyage lointain, on parle de « partir à l’autre bout du monde ». Derrière cette formule un peu magique, une question revient sans cesse : c’est où, concrètement, l’endroit le plus loin de la France ?
Est-ce une question de kilomètres sur une carte ? De temps passé dans un avion ? Du nombre d’escales qui font perdre la notion du temps ? Ou simplement de cette sensation presque vertigineuse d’être vraiment très loin de chez soi, loin de tout repère familier ?

Si l’on prend un globe terrestre et qu’on le fait tourner lentement du bout des doigts, certains noms apparaissent comme des mirages : Polynésie, Nouvelle-Zélande, île de Pâques, Alaska, Antarctique… Des destinations qui semblent presque irréelles tant elles sont éloignées, situées aux confins de la planète, parfois à l’opposé exact de la France.
Dans cet article, je réponds précisément à cette question : quelles sont les destinations les plus lointaines accessibles en avion depuis la France ?
Parce que parfois, savoir où est le plus loin fait déjà voyager un peu.
Sommaire
Aller loin… mais selon quels critères ?
Avant de chercher où est le plus loin, il faut d’abord s’entendre sur ce que signifie réellement aller loin quand on voyage depuis la France.
Sur le papier, la réponse semble simple : on mesure la distance entre Paris et une destination, et on classe. Mais dans la réalité du voyage, c’est plus subtil que ça.
Plusieurs critères entrent en jeu :
La distance réelle, mesurée à vol d’oiseau entre Paris et le point d’arrivée. C’est le critère géographique pur.
La durée du trajet, qui dépend des lignes aériennes, des vents, des routes polaires ou équatoriales, et surtout des escales.
Le nombre de correspondances, qui allonge mécaniquement le voyage et accentue la sensation d’éloignement.
L’isolement du lieu, parfois plus frappant que la distance elle-même. Certaines destinations sont loin de tout, y compris des grands hubs aériens.
Dans cet article, je ne me contente pas d’un classement théorique. Je m’intéresse aux destinations qui cumulent une très grande distance et une vraie longueur de trajet. Car on peut être loin sur une carte, mais y arriver relativement vite. À l’inverse, on peut passer plus d’une journée entière dans les transports pour atteindre un endroit qui, sur le papier, n’est pas le plus éloigné du globe.
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Quelle est la destination la plus éloignée de Paris ?

La grande ville la plus éloignée de Paris est Auckland, en Nouvelle-Zélande. Située quasiment aux antipodes, elle se trouve à environ 18 500 km à vol d’oiseau.
La localité habitée la plus éloignée de Paris est Port Hutt (Waitangi West), sur les îles Chatham. Ce hameau isolé, peu connu et difficile d’accès, atteint près de 19 600 km à vol d’oiseau, à quelques centaines de kilomètres seulement des antipodes exacts de Paris.
Enfin, le point strictement le plus éloigné de Paris ne se situe sur aucune terre émergée. Il se trouve dans l’océan Pacifique Sud, à l’est de la Nouvelle-Zélande. À près de 20 000 km, il marque la limite théorique absolue… sans aucune réalité touristique.
La distance maximale que l’on peut parcourir depuis la France
Si vous partez de Paris avec l’idée d’aller le plus loin possible sur la planète, il existe une limite assez claire. Faire le tour complet de la Terre représente un peu plus de 40 000 km, la distance maximale possible depuis Paris correspond donc à un demi-tour du monde, soit environ 20 000 km.
C’est vers les régions presque à l’opposé du globe que l’on s’en approche le plus, notamment du côté du Pacifique sud, avec des destinations comme la Nouvelle-Zélande ou certaines îles reculées de l’Océanie.
Bien sûr, il s’agit ici d’une distance à vol d’oiseau. En voyage réel, les itinéraires aériens, maritimes ou terrestres peuvent multiplier les détours et allonger considérablement le trajet.
Mais sur un globe, 20 000 km à vol d'oiseau reste la frontière ultime pour un voyage depuis n'importe où dans le monde.
Les destinations les plus éloignées de la France sur la carte
Si l’on se concentre uniquement sur la distance géographique, certaines régions du monde se détachent très nettement.
Ce qui donne souvent l’impression de “très lointain”, ce n’est pas seulement la distance, mais aussi le nombre d’escales et la durée totale du voyage. Certaines îles de Polynésie ou de Mélanésie, sans vols directs, demandent un véritable marathon aérien. À l’inverse, certaines destinations très éloignées sont paradoxalement plus simples d’accès grâce à de grandes liaisons internationales.

Parmi les destinations les plus lointaines depuis la France, on retrouve notamment :
La Nouvelle-Zélande, située quasiment aux antipodes de la France.
La Polynésie française, perdue au milieu des îles du Pacifique, avec ses multiples îles. Bora-Bora n’est qu’un point sur la carte, mais l’archipel est immense.
L’île de Pâques (Chili), l’un des lieux habités les plus isolés au monde, généralement visitée pour ses statues Moai, comme une extension d’un voyage au Chili.
Hawaï, au cœur du Pacifique nord.
L’Antarctique, accessible uniquement via Ushuaia, en Argentine, puis en bateau, avec ce célèbre panneau “Fin del Mundo”.
L’Alaska, qui n’est pas le plus éloigné en kilomètres, mais dont l’isolement renforce considérablement la sensation de bout du monde.
Le Kamtchatka, en Russie, une région volcanique spectaculaire et extrêmement isolée, qui semble "au bout de la carte du monde".
Distances à vol d’oiseau depuis Paris
Voici des ordres de grandeur des distances depuis Paris, en kilomètres, pour les destinations sus-citées :
Auckland (Nouvelle-Zélande) : ~18 550 km
Suva (îles Fidji) : ~16 600 km
Bora-Bora (Polynésie française) : ~15 700 km
Île de Pâques (Chili, Hanga Roa) : ~13 800 km
Ushuaïa (Argentine) : ~13 250 km
Hawaï (USA, Honolulu) : ~11 950 km
Kamtchatka (Russie, Petropavlovsk-Kamtchatski) : ~8 550 km
Anchorage (Alaska, USA) : ~7 550 km
Les distances exactes varient surtout selon les itinéraires aériens réels. Ceux-ci ne sont jamais des lignes droites et comportent des escales qui entraînent parfois des détours surprenants.
Pourquoi certaines destinations paraissent plus lointaines qu’elles ne le sont vraiment
Une carte plane modifie forcément notre perception des distances, et l’exemple du Kamtchatka est particulièrement parlant.
Sur une carte du monde classique, cette péninsule russe semble située à l’extrême bout de la planète, presque “au-delà” de l’Asie. Visuellement, elle paraît bien plus éloignée de Paris que d’autres destinations pourtant comparables, voire supérieures, en kilomètres. Cette impression est trompeuse.
La raison est élémentaire : aplatir une sphère sur une surface plane déforme les distances. Pour représenter toute la Terre sur un rectangle, les cartographes sont contraints d’étirer certaines zones, notamment celles situées aux hautes latitudes. Résultat : sur un planisphère, les régions proches des pôles paraissent artificiellement éloignées les unes des autres.
Sur un globe terrestre, la lecture est très différente. Paris et le Kamtchatka se situent tous deux dans l’hémisphère nord, à des latitudes relativement proches. Si l’on trace un trajet réel sur la surface du globe, en suivant une courbe naturelle, la distance est bien plus directe qu’elle ne le semble sur une carte plane. On n’a pas l’impression de “traverser le monde”, mais plutôt de longer le haut du globe.
À l’inverse, certaines destinations qui paraissent visuellement plus proches sur une carte, comme la Polynésie française ou l’île de Pâques, sont en réalité beaucoup plus éloignées. Elles se situent dans des zones du globe où les distances sont moins déformées à l’œil, ce qui les rend trompeusement accessibles sur une carte plate.
C’est pour cette raison que :
une carte plane donne une impression intuitive mais souvent fausse des distances,
tandis qu’un globe ou une trajectoire aérienne courbe révèle beaucoup mieux la réalité géographique.
Autrement dit, le Kamtchatka semble lointain parce qu’il est mal représenté sur une carte plate, pas parce qu’il est réellement “au bout du monde”. C’est un excellent rappel que, pour comprendre les voyages très lointains, le globe reste toujours plus fiable que la carte.
Tableau comparatif des destinations les plus lointaines depuis la France
Pour y voir clair, voici un tableau récapitulatif qui croise distance à vol d’oiseau, durée de trajet réelle et niveau d’isolement. Attention, les durées données sont indicatives. Elles varient fortement selon les correspondances, les saisons, les vents dominants et les hubs de transit.
Destination | Distance depuis Paris | Temps de trajet | Niveau d’isolement |
Auckland (Nouvelle-Zélande) | ~18 550 km | 24 à 30 h | Élevé |
Port Hutt (îles Chatham) | ~19 600 km | 30 h et plus | Extrême |
Bora-Bora (Polynésie française) | ~15 700 km | 22 à 32 h | Élevé |
Suva (Fidji) | ~16 600 km | 24 à 30 h | Élevé |
Île de Pâques (Chili) | ~13 800 km | 20 à 30 h | Extrême |
Ushuaïa (Argentine) | ~13 250 km | 20 à 24 h | Élevé |
Honolulu (Hawaï) | ~11 950 km | 20 à 22 h | Modéré |
Petropavlovsk-Kamtchatski (Russie) | ~8 550 km | 15 à 20 h | Très élevé |
Anchorage (Alaska) | ~7 550 km | 14 à 18 h | Élevé |
Les vols directs les plus longs au départ de la France

Quel est le vol direct le plus long au départ de France ?
Le vol direct le plus long actuellement au départ de France est la liaison Paris – Perth.
Depuis 2024, la compagnie australienne Qantas Airways opère un vol sans escale entre Paris Charles-de-Gaulle et Perth, en Australie occidentale. La durée du trajet varie en général entre 16 h 30 et 17 h 20, selon le sens du vol et les conditions de vent.
Cette liaison détient aujourd’hui ce statut pour une raison simple : il s’agit du trajet commercial régulier le plus long reliant directement la France à une destination finale, sans aucune correspondance intermédiaire.
Il existe ailleurs dans le monde des vols encore plus longs, notamment au départ du Moyen-Orient ou d’Asie, mais au départ de France, Paris – Perth s’impose comme la référence en matière de vol ultra-long-courrier sans escale.
👉 En clair : si l’on cherche à aller le plus loin possible depuis la France sans changer d’avion, c’est aujourd’hui vers Perth que l’on vole.
D’autres vols directs très longs au départ de Paris
Depuis la France, et plus précisément depuis Paris, d’autres liaisons directes figurent parmi les plus longues :
Paris - Santiago du Chili : Environ 11 600 km, pour 14 à 15 heures de vol.
Paris - Tokyo : Environ 9 700 km, pour 13 à 14 heures de vol.
⚠️ Pour des destinations comme Auckland, l’île de Pâques ou Bora-Bora, aucun vol direct n’existe actuellement depuis la France. Ces voyages impliquent obligatoirement une ou plusieurs escales, parfois combinées à des vols intérieurs ou à des trajets maritimes.
C’est souvent cette accumulation de segments, bien plus que la distance pure, qui donne la véritable sensation d’être au bout du monde.
Ce qu’il faut prévoir pour un vol de plus de 15 heures
Un vol de plus de 15 heures n’est pas un trajet aérien classique. Il demande un minimum d’anticipation, autant physique que logistique.
Sur ce type de vol, le confort devient un enjeu réel. Prévoir des vêtements amples, des chaussettes de contention et quelques accessoires pour le confort en avion permet de rendre un vol éreintant plus agréable. Pour que le séjour se déroule au mieux, le sommeil est également un point clé : mieux vaut s’adapter progressivement au fuseau horaire de destination dès le vol, en ajustant ses périodes de repos.
Il faut aussi penser à la gestion du temps à l’arrivée. Après un trajet aussi long, la première journée est souvent peu productive. Prévoir une première journée calme et une nuit sans contraintes horaires facilite grandement l’adaptation.
💡 À lire : Se préparer à un voyage en avion
Le décalage horaire maximal depuis la France
Le décalage horaire maximal que l’on peut connaître depuis la France est de 12 heures.
Il concerne principalement les destinations situées près des antipodes, comme la Nouvelle-Zélande ou certaines îles du Pacifique Sud. Dans ce cas, lorsqu’il est midi à Paris, il est minuit à destination, et inversement.
Ce décalage extrême accentue fortement les effets du jet lag : troubles du sommeil, fatigue persistante, baisse de concentration. Il faut souvent plusieurs jours pour retrouver un rythme normal, surtout après un vol long-courrier sans escale.
💡 À lire : Comment gérer un grand décalage horaire ?
Aller loin, ce n’est pas qu’une question de kilomètres

Au final, la destination la plus lointaine n’est pas seulement celle qui affiche le plus grand nombre de kilomètres sur une carte. C’est celle qui cumule distance, durée, isolement et rupture totale avec les repères habituels et que l'on classe parmi les destinations hors des sentiers battus.
Qu’il s’agisse d’une grande métropole, d’un hameau presque invisible ou d’un point perdu dans l’océan Pacifique Sud, aller loin reste avant tout une expérience. Une expérience où le temps, l’espace et la géographie prennent une toute autre dimension.
💡 Pour encore plus d'inspiration, découvrez mes carnets de voyage, sur ce que j'appellerai mes "destinations les plus lointaines" à tous points de vue :


