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Se laver en trek, randonnée et bivouac : méthodes simples

  • Photo du rédacteur: Philomène Martinelli
    Philomène Martinelli
  • 9 oct. 2022
  • 10 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours

Vous partez en trek, en randonnée itinérante ou en bivouac, avec peu ou pas d’accès à une douche. La vraie question n’est pas “comment rester propre”, mais comment se laver efficacement sans tomber malade, sans empester au bout de deux jours, et sans abîmer les points d’eau.


Dans ce guide, je détaille les meilleures méthodes pour se laver avec ou sans eau, les produits vraiment utiles (et ceux qui sont du poids mort), et les règles simples pour rester propre sans polluer. En fin d’article, vous trouverez une check-list hygiène minimaliste selon la durée de votre sortie.


Comment rester propre en voyage : trek, bivouac et randonnée

Dans cet article, je réponds concrètement aux questions que l’on se pose avant de partir :




Hygiène en trek et bivouac : l'essentiel


Sur la durée, ce sont les gestes répétés chaque jour qui font la différence. Voici les essentiels :


🧼 Se laver les mains au savon ou au gel hydroalcoolique.

🦷 Se brosser les dents matin et soir (même sans dentifrice) et rincer la bouche après les repas.

🚿 Assurer une toilette intime quotidienne, même minimale.

💧 Faire la lessive avec un sac de lavage type Scrubba Wash.

👣 Nettoyer le visage et les pieds chaque soir pour limiter bactéries et macération.

🧽 Nettoyer le corps tous les deux à trois jours, ou plus souvent si les conditions le permettent.

🩲 Changer les sous-vêtements et les chaussettes dès que possible pour limiter odeurs et irritations.

👟 Sécher systématiquement chaussures et vêtements humides avant de les ranger.

💇‍♀️ Brosser les cheveux pour éliminer poussière et transpiration.

🩹 Désinfecter immédiatement toute plaie ou égratignure et surveiller la présence de tiques.

🧥 Porter des vêtements techniques, respirants et faciles à laver, adaptés à l’itinérance.

🪒 Ne vous rasez pas et ne vous épilez pas si ce n'est pas indispensable ou que vous n'êtes pas irrité, car les poils vous permettent de mieux gérer la transpiration et les mauvaises odeurs !


➡️ Lire l'article Les vêtements à emporter en voyage pour choisir vos textiles au mieux


➡️ Un excellent ouvrage pour vous préparer. Malgré son titre volontairement provocateur, cet ouvrage est une référence sérieuse : Comment chier dans les bois



Se laver en bivouac : 7 méthodes qui marchent vraiment


En bivouac, l’hygiène repose sur une combinaison de solutions, à adapter à la météo, au terrain et à la durée du parcours.


C'est lors de mes bivouacs en Mongolie, de mon trek du Tour du Mont-Blanc ou du Trek de l'Atlas au Maroc que j’ai appris à gérer mon hygiène sur la durée.


Ces expériences m’ont permis d’affiner, au fil des expéditions, des méthodes simples et efficaces, ainsi que de repenser entièrement le contenu de ma trousse de toilette de voyage pour l’adapter à l’itinérance.


1) La toilette au gant, la plus rentable


C’est la méthode la plus simple, la plus légère et la plus efficace sur plusieurs jours. Avec un gant ou une petite éponge et un peu d’eau, vous pouvez assurer une toilette quotidienne ciblée. Aisselles, aine, pieds, nuque et visage doivent rester la priorité.


2) La baignade suivie d’un rinçage


Se baigner dans une rivière ou un lac permet d’éliminer la sueur et la poussière, mais ce n’est pas une douche.


Les règles à respecter :


  • Il est impératif de ne jamais utiliser de savon directement dans l’eau.

  • La toilette savonnée doit se faire à distance du point d’eau.


3) La douche “bouteille”


En été ou par forte chaleur, une gourde ou une bouteille percée permet un rinçage rapide.


C’est une solution ponctuelle, efficace pour se sentir propre, à condition d’avoir suffisamment d’eau à disposition.


4) La douche solaire


Utile en camp fixe ou en bivouac prolongé, elle offre un confort réel mais reste encombrante et dépendante de l’ensoleillement. Elle est peu adaptée à l’itinérance pure.



5) Les lingettes compressées


Pratiques et légères, elles dépannent quand l’eau est inaccessible. Elles doivent rester une solution de secours, car elles génèrent des déchets qu’il faut impérativement remporter.


6) Le gel lavant sans rinçage


À réserver à des situations spécifiques : froid intense, blessure, fatigue extrême. Ils ne remplacent pas une toilette régulière et peuvent irriter la peau s’ils sont utilisés trop souvent.


7) Alterner bivouac et hébergements


Alterner nuits en bivouac et nuits en gîte ou en camping permet de bénéficier régulièrement d’une vraie douche. C’est souvent le meilleur compromis sur la durée.



Se laver sans eau : limites, techniques et priorités


gestion de l'eau pour se laver en voyage

En trek ou en bivouac, l’hygiène corporelle dépend directement de l’accès à l’eau. Sur plusieurs jours, il est impossible de transporter l’eau nécessaire à la fois pour boire et pour se laver. L’eau disponible doit donc être prioritairement réservée à l’hydratation, et l’hygiène doit s’adapter au terrain.


Se laver sans eau est possible ponctuellement, mais ce n’est ni confortable ni viable sur la durée. L’objectif n’est pas d’être propre au sens classique, mais de limiter les risques sanitaires, les irritations et les odeurs, en attendant un accès à l’eau.


Climat, environnement et gestion de l’eau


Le climat joue un rôle déterminant dans la façon de gérer son hygiène.


Dans les régions chaudes, l’hygiène est globalement plus simple : la température permet de sécher rapidement après une toilette sommaire ou une baignade, et le linge peut être lavé et séché quotidiennement. En contrepartie, la transpiration est plus importante, ce qui impose des toilettes plus fréquentes.


Sous les tropiques, se laver régulièrement est rarement un problème, mais la gestion du linge devient cruciale car l’humidité favorise rapidement les odeurs et la prolifération bactérienne.


À l’inverse, en climat froid ou en altitude, l’eau est plus difficile à utiliser, le séchage est lent et les risques liés au froid sont réels. L’hygiène doit alors être réduite, ciblée et sécuritaire.


Se laver sans eau : solutions concrètes


Soyons clairs : se laver sans eau du tout, sur la durée, n’est ni confortable ni vraiment viable. On peut dépanner, mais pas maintenir une hygiène correcte indéfiniment.


En revanche, avec l’équivalent d’un verre d’eau, on peut déjà faire beaucoup. Une toilette ciblée, bien pensée, permet de limiter les odeurs, d’éviter les irritations et de rester en bonne santé, même en conditions rustiques.


🦷 Hygiène dentaire sans eau : les vraies solutions


Brossage à sec avec brosse à dents

Même sans dentifrice ni rinçage, le brossage mécanique élimine une grande partie de la plaque et des résidus alimentaires. Cracher, essuyer la brosse, cela reste efficace sur 24 à 48 h.


Dentifrice avec très peu d’eau

  • Une micro-quantité de dentifrice, brossage, puis cracher sans rincer.

  • Ce n’est pas confortable, mais c’est nettement plus efficace que de ne rien faire.


Bâtonnet à mâcher (miswak, siwak)

  • Utilisé dans les zones arides, il nettoie mécaniquement les dents et stimule la salivation.

  • Utile en dépannage, mais insuffisant sur la durée sans brosse à dents.


Cendres, charbon, poudres improvisées

  • À éviter. Trop abrasifs, ils peuvent abîmer l’émail et irriter les gencives.

  • En trek, un brossage à sec est préférable à une fausse solution “naturelle”.


🧻 Toilette corporelle sans eau : ce qui fonctionne vraiment


Toilette sèche ciblée

  • Lingette corporelle, lingette compressée utilisée sèche ou tissu propre dédié à l’hygiène.

  • Zones clés uniquement : aisselles, aine, pieds, plis cutanés.


Produits lavants sans rinçage

  • Pertinents par froid, blessure ou fatigue extrême.

  • À utiliser ponctuellement pour éviter dessèchement et irritations.


👕 Rester sec plutôt que se laver


Changer de sous-vêtements est souvent plus efficace qu’un lavage incomplet.


  • Cette stratégie n’est valable que si le linge est parfaitement sec.

  • Un vêtement humide, même propre, favorise rapidement bactéries et odeurs.

  • Un corps sec reste plus sain qu’un corps mal rincé.


❄️ Sans eau et par temps froid


L’hypothermie est un risque réel, la santé est toujours prioritaire sur le confort :


  • Toilette sèche rapide uniquement, sur zones clés.

  • Aucun lavage complet à l’eau froide.

  • Vêtements secs remis immédiatement après la toilette.



Se laver en trek sans polluer


En bivouac et en itinérance, l’hygiène corporelle ne doit jamais se faire au détriment des milieux naturels.


Les points d’eau sont des écosystèmes fragiles, utilisés par la faune, les troupeaux et souvent par d’autres randonneurs en aval.


L’objectif est simple : ne rien contaminer.


💧 Ne jamais utiliser de produits dans un point d’eau


Rivière, lac, ruisseau ou source ne doivent jamais servir de douche, de lavabo ou de lavoir.

Même les savons dits biodégradables doivent être considérés comme des polluants lorsqu’ils sont utilisés directement dans l’eau.


Ils se dégradent avec le temps, mais perturbent immédiatement la vie aquatique.


👉 Aucun savon, shampoing ou lessive, même “naturel”, ne doit être utilisé dans l’eau.


🪣 Se laver et faire la lessive à distance


La règle de base est claire : la toilette et la lessive se font à plusieurs mètres du point d’eau, jamais sur la berge.


Procédez ainsi :

  • prélevez l’eau avec une gourde, une bassine ou un jerrican pliable,

  • éloignez-vous du cours d’eau,

  • utilisez une quantité minimale de produit,

  • dispersez l’eau savonneuse sur le sol.


Le sol agit comme un filtre naturel et limite la contamination des nappes et des cours d’eau.


🌍 Réduire la pollution à la source


Limiter l’impact environnemental passe aussi par la sobriété :


  • laver uniquement les zones nécessaires,

  • espacer les lavages quand c’est possible,

  • éviter les produits superflus,

  • privilégier des solutions simples et peu consommatrices d’eau.


Moins de produit, moins de rinçage, moins de pollution.


♻️ Gérer les déchets d’hygiène


Lingettes, protections périodiques, mouchoirs et emballages ne doivent jamais être laissés sur place, même s’ils sont annoncés biodégradables.


Ils doivent être stockés dans un sac hermétique et rapportés jusqu’à la prochaine poubelle.



Hygiène intime en bivouac


En trek et en bivouac, l’hygiène intime est souvent négligée alors qu’elle conditionne directement le confort, la santé et la capacité à marcher plusieurs jours d’affilée.


L’objectif n’est pas d’être irréprochable, mais de prévenir irritations, mycoses et infections, surtout en conditions chaudes ou humides.


🚿 Les bases à respecter absolument


  • Toilette intime quotidienne, même minimale.

  • Eau claire privilégiée dès que possible, sans savon agressif.

  • À défaut, lingette intime utilisée ponctuellement, sans frotter excessivement.


Les muqueuses sont fragiles. Trop nettoyer ou utiliser des produits inadaptés est souvent pire que de nettoyer peu.


🧼 Savon ou pas savon ?


  • Évitez les savons classiques, même biodégradables, sur les zones intimes.

  • Si savon il y a, choisissez-le sans parfum, sans antiseptique, et utilisez-le exceptionnellement.


👉 En bivouac, moins on en fait, mieux c’est.


🩲 Sous-vêtements et frottements


  • Changez de sous-vêtements chaque jour si possible.

  • Privilégiez des matières respirantes, à séchage rapide.

  • Évitez les sous-vêtements humides ou serrés, responsables d’irritations et de macération.


Un sous-vêtement sec fait souvent plus pour l’hygiène intime qu’une toilette approximative.


🩸 Règles et bivouac


  • Évitez les serviettes hygiéniques, peu adaptées à la marche et à la chaleur.

  • Privilégiez cup menstruelle ou tampons, à changer régulièrement.

  • Lavez-vous toujours les mains avant manipulation.

  • Tous les déchets doivent être rapportés, sans exception.


⚠️ Signes d’alerte à ne pas ignorer


  • Brûlures, démangeaisons persistantes, douleurs inhabituelles.

  • Dans ce cas, stopper les produits, rester au sec, et consulter dès que possible.



Lessive en trek : laver, sécher, éviter les odeurs


La gestion du linge est l’un des points clés de l’hygiène en itinérance.


Un linge mal lavé ou mal séché devient rapidement une source d’odeurs, d’irritations et d’inconfort.


🪣 Laver efficacement avec peu d’eau


  • Lavez uniquement les couches en contact direct avec la peau : sous-vêtements, chaussettes, t-shirt.

  • Utilisez très peu de lessive, idéalement concentrée ou en feuilles.

  • Lavez à distance des cours d’eau, dans un sac étanche ou une bassine.

  • Utilisez le sac de lavage Scrubba Wash pour économiser de l'eau


👉 Trop de produit complique le rinçage et favorise les odeurs.


💪 Essorage : l’étape clé


  • Essorez le linge au maximum avant séchage.

  • Tordez fermement, puis recommencez.

  • Plus le linge est sec au départ, plus il sèchera vite.


En milieu humide, un linge mal essoré ne sèchera jamais complètement.


🌬️ Séchage intelligent


  • Faites sécher avant la tombée de la nuit.

  • Privilégiez les zones ventilées, même à l’ombre.

  • En journée, accrochez le linge sur le sac à dos pendant la marche.


Si un vêtement reste légèrement humide le soir, il vaut mieux le porter en marchant que le laisser moisir dans le sac.


🧦 Éviter les odeurs sur la durée


  • Ne rangez jamais un vêtement humide dans un sac fermé.

  • Aérez systématiquement chaussures et textiles chaque soir.

  • Alternez les vêtements si possible, même avec un équipement minimal.


Un linge sec mais porté vaut mieux qu’un linge propre resté humide.


❄️ Cas des climats froids ou humides


  • Réduisez la fréquence des lavages.

  • Priorité au séchage, pas à la propreté absolue.

  • Dormir avec un vêtement légèrement humide dans le sac de couchage peut aider à finir le séchage grâce à la chaleur corporelle.



Check-list hygiène en trek et bivouac


à emporter se laver en voyage

Voici la check-list de ce que je vous recommande d'emporter avec vous pour rester beau et propre même si vous avez un accès à l'eau limitée.


Les accessoires


  • Une brosse à dent

  • Un gant, une éponge végétale ou une fleur de douche

  • Une serviette compacte

  • Une brosse à cheveux

  • Un couple-ongles

  • Un miroir de poche

  • Une pince à épiler et une pince à tiques

  • Un paréo pour faire vos besoins en toute intimité

  • Un Scrubba wash bag pour faire la lessive

  • Des semelles en charbon actif (pour éviter les odeurs dans les chaussures)

  • Une corde et des pinces à linge

  • Un jerrican pliable pour aller chercher de l'eau

  • Des mouchoirs

  • Des sacs "ziploc" pour les lingettes sales


Les produits


  • Du dentifrice

  • Des mini brossettes, des cure-dents ou du fil dentaire

  • Un savon 100 % végétal

  • Du gel hydroalcoolique

  • Un déodorant stick en pierre d'alun

  • Des lingettes corporelles

  • Des lingettes intimes

  • Du shampooing sec

  • Un shampooing solide

  • De la lessive (en feuilles c'est bien pratique)

  • Des protège-slips

  • Une cup en cas de période menstruelle

  • Du papier toilette

  • Du désinfectant, du cicatrisant et des pansements pour garder vos plaies propres

  • Du sérum physiologique pour nettoyer vos yeux en cas de poussière

  • Un petit flacon spray rempli de désinfectant pour le linge si vos lessives sont trop espacées.




Pourquoi l’hygiène est cruciale en trek et bivouac


Hygiène en voyage

En trek et en bivouac, l’hygiène n’est pas une question de confort ou d’esthétique. C’est un enjeu de santé.


Mains sales, plaies mal nettoyées, ustensiles souillés, déchets mal gérés ou hygiène intime négligée créent des conditions idéales pour la prolifération des bactéries.


Certaines maladies, comme l’hépatite A, se transmettent par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des excréments. En milieu isolé, une simple négligence peut rapidement devenir un vrai problème, d’autant plus si l’eau n’est pas correctement traitée.


À cela s’ajoutent les désagréments plus quotidiens mais tout aussi pénalisants : transpiration, macération, frottements répétés. Une hygiène insuffisante favorise les irritations, les mycoses, les ampoules infectées et les mauvaises odeurs, qui rendent la progression inconfortable, voire douloureuse.


La priorité n’est donc pas d’être parfaitement propre, mais de rester sec, de limiter la prolifération bactérienne et de protéger la peau. Des sous-vêtements propres, des chaussettes sèches, des chaussures aérées et des gestes simples répétés chaque jour font souvent toute la différence sur la durée.



💡 Pour plus de conseils :





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Auteur du blog voyage

Auteur :

Philomène Martinelli

Je suis exploratrice du monde depuis vingt ans et j’ai créé le blog Globe-Trotting en 2011 pour partager mes itinéraires, mes conseils pratiques et mes cartes illustrées. Au fil des années, j’ai eu la chance de voyager dans tous les pays qui me faisaient rêver, de l'Éthiopie au Guatemala en passant par la Birmanie ou la Mongolie. Chaque voyage est pour moi une source d’émotions et d’histoires à transmettre. À travers mon blog voyage, je vous invite à découvrir le monde à travers mes conseils personnalisés et précieux repérages.

 
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