Descente du fleuve Tsiribihina en pirogue, Madagascar

Dernière mise à jour : 28 nov.

Le point culminant de mon roadtrip à Madagascar fut cette descente du fleuve Tsiribihina, trois jours à bord d'une pirogue. Une épopée inoubliable au fil de l'eau, bivouac sur la plage, observation de la faune et de la flore et baignades dans des cascades bleues...


Descente du fleuve Tsiribihina en pirogue, Madagascar

Après trois jours à Antsirabé au sein d"une association solidaire, j'ai rejoint Miandrivazo et c'est au petit matin que le périple fluvial a commencé. Je vous le raconte brièvement en quelques mots et photos.


 

Embarcadère de Masiakampy

Accompagnée d'un petit groupe de voyageurs (français, espagnols et anglais), nous rejoignons nos quatre embarcations à Masiakampy, après avoir roulé une heure dans le sable depuis Miandrivazo. Nous avons alors une pirogue pour trois personnes. Sur l'embarcadère, les locaux, enfants et grands, nous entourent pour assister au grand départ. Il y a également des bateaux à moteur (les chalands) très bruyants qui permettent une descente rapide. Comme je suis heureuse de ne pas avoir choisi ce mode de transport...

Tsiribihina en pirogue
femmes  Tsiribihina en pirogue
miandrivazo Tsiribihina en pirogue

Sachant que je m'apprête à passer 7 heures par jour assise dans cette coque en bois, je crains quelque peu d'être installée de façon rudimentaire et d'avoir mal partout en bout de course... Mais l'inverse me surprend. Nos piroguiers plient les matelas destinés au bivouac pour nous permettre de nous adosser de façon très confortable. Une fois en place je réalise que j'ai largement la place d'allonger mes jambes, ce sera du grand luxe !

Tsiribihina en pirogue
 

1er jour en pirogue sur la Tsiribihina

De Masiakampy à la cascade d’Anosinampela

7h00 : Prête à partir

Je m'installe avec mes colocataires de pirogues, Guim et Coline, mère et fille ultra cools. Nous filons sur l'eau, doucement, et dès le départ, c'est superbe !

Tsiribihina depart de pirogue
expedition Tsiribihina en pirogue, Madagascar

Les paysages changent au fil des heures, c'est sec, puis humide, désertique puis forestier. Les eaux sont orangées mais très propres et contrastent merveilleusement avec les rizières d'un vert presque fluo par instant. Sur le rivage, il ne se passe pas grand chose, quelques gamins nous saluent de loin. Nous n'apercevons aucun village, seulement des abris sommaires pour protéger du soleil les "gardes côtes". Ces derniers sont armés et nous arrêtent régulièrement, nos guides qui ont tout prévu leur donnent des vivres (kilos de riz, légumes, farines...), une sorte de backchich local.

Tsiribihina en pirogue, Madagascar
Tsiribihina piroguier Madagascar

Notre piroguier se prénomme Rivou, il ne parle pas français mais nous communiquons avec des sourires, des gestes, des fous rires. Les hommes chantent parfois entre eux des airs traditionnels pour notre plus grand plaisir.

Pirogue Madagascar eau bleue

Nous croisons dans les feuillages des alentours, des femmes qui lavent le linge avec le visage recouvert de masonjoany, un produit issu de l'arbre de santal utilisé comme protection solaire.

masonjoany femme

Les kingfisher volent au dessus de nos têtes, ces oiseaux multicolores que j'ai souvent aperçus sous les tropiques. Bleus électriques et orange, ils pêchent le poisson du fleuve sous nos yeux.

10h00 : Pause sur le rivage pour que les hommes préparent le déjeuner.


Ils installent des braises de charbon dans des pose plats calés sur un tas de sable, devant notre pirogue. Puis, chaque piroguier cuisine un ingrédient, Rivou s'occupe du zébu (semblable à la viande de bœuf) tandis que ses collègues s'occupent du riz et des légumes. Nous partons au fil de l'eau avec notre cuisine ambulante, humant les odeurs de cuisson.

cuisine en pirogue, Madagascar
Tsiribihina cuisine sur la pirogue
Tsiribihina déjeuner sur la pirogue

12h45 : Second arrêt pour remplir les assiettes des passagers et de l'équipage.


Nous déjeunons à bord, un ragoût de zébu d'une grande finesse. Lorsque nous descendons à terre, on se crame la plante des pieds car le sable est ardent, on échappe à la brûlure en restant dans le fleuve.

Tsiribihina en pirogue

Les pieds en éventail, le soleil tape un peu trop fort et les paysages sont de toute beauté.

rivage Tsiribihina Madagascar

Tout au long de la journée, je contemple ces instants précieux et je fais connaissance avec mes nouvelles copines. On s'échange nos crayons de couleurs et aquarelles pour dessiner dans nos carnets de voyage.