Association solidaire à Antsirabé, Madagascar

C'est grâce à l'association franco malgache qui accueille les enfants de la rue d'Antsirabé que j'ai pu voyager seule à Madagascar et effectuer un périple de découverte avec des actions solidaires, avec une immersion dans le quotidien des associations caritatives sur le terrain. Pour organiser ma venue à Madagascar, ça a été très simple, je suis partie dans le cadre d'un circuit organisé par une association solidaire locale. Cette dernière accueille des voyageurs solos, en groupe, en famille ou même des chantiers de constructions pour les jeunes.



Partir à Madagascar avec une association solidaire permet, non seulement d'effectuer une découverte de Madagascar avec un regard aiguisé sur la situation du Pays, mais surtout de soutenir leurs activités. Car une partie de votre forfait est reversée aux actions auprès des enfants de la rue.

Je suis partie pour un itinéraire adapté à mes envies en incluant en début de parcours une vraie sensibilisation sur le sujet des enfants de la rue, mais aussi une participation aux actions de soutien effectuées sur place.


Pour que l'on organise votre voyage solidaire à Madagascar, je vous invite à demander un devis, gratuit et sans engagement.

Je vous résume ci-après comment j'ai été accueillie et l'expérience que j'ai pu vivre à leurs côtés.

D'Antananarivo à Antsirabé via la RN7

Mon avion atterrit à 23h00 à Antananarivo. Il fait 17°. Une odeur tropicale me remplit les narines lorsque je pose les pieds sur le tarmac. Je m’entraîne immédiatement à dire bonjour (Salama) et merci (Misaotcha) pour m'acclimater.

Après une longue attente pour franchir l'immigration, tamponner mon passeport et récupérer mon backpack, j'aperçois un large sourire qui m'attend avec un petit écriteau. C'est Lova (se prononce Louva), un employé de l'association Grandir à Madagascar qui vient m'accueillir et m'escorter de nuit jusqu'à mon hôtel.

Après une très courte nuit à la capitale (de 1h à 5h du matin), je monte dans un bus qui conduit un groupe de jeunes en partance pour un chantier solidaire. Je profite de leur véhicule pour rejoindre Antsirabé. Lova est en pleine forme et il m'éclaire de son sourire.

Nous empruntons alors la mythique RN 7, les paysages sont spectaculaires du début à la fin... Je bous de joie intérieurement. Mes yeux voient défiler les rizières qui s'éclairent au lever du jour, des montagnes à perte de vue entre ombres et lumières et des champs de toutes les couleurs.

Sur le bord des routes, des maisons en sachet (bidonvilles) et des gargotes qui vendent tout et n'importe quoi. Les murs de chaque commerce sont recouverts de peintures criantes qui sont des publicités, chaque boutique ayant perçu une petite rémunération pour servir de panneau publicitaire à la marque.

On croise des pousse-pousse, des vélos, des motos, des charrettes et des vans qui circulent sur la même voie que les troupeaux de chèvres et de zébus

Ce paysage et cette ambiance me remémorent à la fois la Birmanie et le Botswana. C'est exactement ça, un mélange parfait entre l'Asie et l'Afrique...


Et puis, je découvre la végétation tropicale et des décors ocres et jaunes, c'est si beau que j'en ai des frissons. J'aurai voulu m'arrêter chaque seconde pour prendre des photos mais le car scolaire trace sa route donc je me remplis les yeux sans en perdre une miette, malgré la fatigue.

Arrivée à l'association solidaire

Après avoir posé mon sac à dos dans un joli bungalow du centre d'Antsirabé, je pars avec mon jeune guide en direction des locaux de l'association. Je traverse une sorte de terrain vague qui grouille d'enfants de la rue, vêtus de haillons, jouant avec des pneus, des canettes vides, des bouts de ficelle, des morceaux de bois et des cailloux. Les éclats de rire et les disputes résonnent et les "salama vaza" viennent de partout. "Vaza" signifie "étranger", c'est ainsi que je serai appelée tout au long de mon séjour.

Je découvre la maison mère de l'association, des bureaux au rez de chaussée avec une dizaine de jeunes salariés, malagasy et français, qui m'accueillent à bras ouvert.

A l'étage, la salle des repas, la cuisine et les chambres des enfants qui sont accueillis ici chaque nuit. Le Centre d’Hébergement Temporaire (CHT) accueille des enfants de la rue pour la nuit, de 17h à 7h30. Ici, ils sont protégés des dangers de la rue, ils peuvent se ressourcer et répondre à leurs besoins primaires (manger, se laver, être écoutés et dormir en sécurité). C’est aussi un lieu où ils réapprennent les gestes de la vie quotidienne avec des règles et des horaires.

Je prends mon premier déjeuner avec l'équipe sur une longue tablée, dans une ambiance très conviviale. Je me sens bien et je sais alors que j'ai fait le bon choix de me rendre ici.

L'atelier de sensibilisation

Dès la fin du déjeuner, accompagnée de 4 autres voyageurs (une femme et ses trois adolescents), je participe à l'atelier de sensibilisation qui a pour but de nous donner les clés de compréhension avant de partir sur le terrain suivre les missions de l'asso. L'atelier est animé par le magnifique Franco, un malagasy qui a étudié en France.

Nous commençons par un Quizz en formant deux équipes. Franco nous pose des questions sur les conditions des enfants de la rue et nous devons y répondre. Chacun des thèmes abordés est illustré de statistiques.

J'apprends notamment que les enfants de la rue ne sont pas en majorité des orphelins, ce cas ne concerne que 4% d'entre eux. En général, les enfants fuient leur domicile pour des raisons de violence, de négligence, d'injustice, pour des complications familiales ou par manque d'argent dans le foyer. Les jeunes quittent alors le domicile car ils s'estiment plus en sécurité dans la rue, avec les autres enfants. Pour survivre à leurs besoins, les enfants de la rue s'adonnent à la mendicité, à des petits travaux (de porteur ou tâches dans les gargotes).

Deuxième étape de l'atelier, nous faisons un jeu de rôle en nous mettant dans la peau d'un enfant de la rue. Chaque action nous donne des points de vie ou nous en fait perdre. Le scénario est poignant. Une méthode participative et ludique pour nous enseigner des notions extrêmement difficiles, un parti pris qui a pour but de retenir l'attention de tous. Et ça fonctionne très bien.

Puis Franco nous diffuse une vidéo qui nous ouvre les yeux très grands.

A votre tour, je vous invite à regarder ce slam composé par les enfants de la rue d'Antsirabé. Des enfants criant leurs vérités, leurs injustices, leur douleur...

Traversée de la ville de nuit

Une fois l'atelier terminé, nous partons découvrir Antsirabé, Lova et moi. Puis, à la nuit tombée, je traverse la ville avec Céline, une employée française de l'association. Il fait nuit noire car les rues sont éclairées par les rares enseignes uniquement. Traverser la ville de nuit est formellement déconseillé par tous les guides que vous lirez.


Je découvre avec stupeur ce que deviennent alors les rues que j'ai découvert à la lumière du jour...

Les enfants sont partout, absolument partout. Céline me montre l'exemple, comment me comporter en tant que touriste avec les petits qui vivent dehors. Les écouter, les questionner, les regarder, en bref, leur offrir de la considération avant tout. La nuit est très fraîche et presque glaciale mais les gamins sont souvent pieds nus, errant à la recherche d'un peu de nourriture ou de chaleur.


Céline les met en confiance par des regards francs et des paroles douces et leur indique qu'ils doivent se rendre à l'association pour y passer la nuit. Mais rares sont ceux qui oseront franchir le pas, préférant vivre en bande avec leurs copains malgré l'insécurité que cela représente. Les adultes quant à eux, installent des marchés de fortune éclairés à la lampe de poche. Après le dîner, de retour à mon bungalow, je tombe de sommeil.

Le biblio-pousse pour les enfants de la rue

Au petit matin, après avoir profité du soleil et croqué des fruits tropicaux, je retrouve mon guide Lova pour rejoindre l'association. Ce matin, je pars accompagner l'équipe pour le biblio-pousse hebdomadaire. Un pousse-pousse transformé en bibliothèque roulante se prépare. On y charge les livres pour enfants mais aussi de l'eau et du savon pour nettoyer les petits avant la lecture.

Nous partons à pied, derrière le pousse-pousse en direction des alentours du grand marché dans lequel les enfants attendent l'activité, impatients. Chaque semaine le biblio pousse a lieu dans un endroit différent, 4 lieux au total, soit un passage par mois dans chaque quartier. Autant vous dire que les enfants attendent la venue de l'association avec beaucoup d'impatience et de joie.

Les enfants se mettent en place, sagement, sur une immense natte installée sur la terre battue. Les animateurs les invitent à se laver les mains avant d'emprunter un livre. Pour commencer la séance, un animateur de l'asso raconte une histoire à haute voix devant la foule des jeunes, sages et captivés. Puis, un ouvrage est remis à chaque enfant, beaucoup sont en français, les petits rêvent devant les images.

Ce qui me choque le plus, c'est l'âge de ces enfants livrés à eux mêmes. Certains ne savent même pas marcher, ils sont portés par leur grande sœur ou grand frère... Bien sur, les bébés ont toujours un endroit où dormir, chez leurs parents biologiques ou ailleurs. Mais ils sont souvent gérés par les moins de 12 ans du matin au soir. Nombreux sont ceux qui ont le nez qui coule, les yeux collés par une conjonctivite, plusieurs égratignures, les vêtements déchirés et la peau recouverte de poussière.

Animateurs et bénévoles leur font la lecture, ils sont fascinés. C'est un moment précieux. Nombreux sont ceux qui veulent me tenir la main, se blottir un peu contre moi pendant la lecture, m'envoyant des sourires solaires et des éclats de rire, heureux de trouver un peu de chaleur humaine et de légèreté. Etant donné qu'ils ne comprennent pas le français et que je ne parle pas leur langue, je leur fait des mimes, ils sont fascinés.

C'est un moment très beau pour moi mais très dur. Car je sais que ces quelques heures, aussi magiques soient-elles, sont bien loin de leur quotidien. Certains enfants restent à part et ne parviennent pas à prendre plaisir à l'activité. Je croise un jeune garçon de six ans peut-être qui a le regard sauvage, il me fixe, je lui dis bonjour et je lui serre la main. Il s'enfuie en courant et s'essuie la main comme si j'avais une maladie et que je lui avais donné la peste. Tous les autres ont un comportement plutôt inverse, cherchant le contact. Au total, ce sont environ cinquante enfants qui sont venus au rendez-vous.

L'activité se termine par un rituel. Une danse participative pendant laquelle les enfants chantent et font du mime. Cette chanson sonne la fin du biblio-pousse et leur permets de terminer sur une touche finale pleine d'entrain. Je fais mes adieux à cette foule de petits, certains se cramponnent à moi... c'est difficile de retranscrire les émotions qui me traversent.

Le cinéma de rue pour les enfants de la rue

Le lendemain soir, après une randonnée à vélo jusqu'au Lac Tritriva, j'ai l'occasion de découvrir cette action hebdomadaire qui consiste à offrir aux enfants de la rue une séance de cinéma. Un dessin animé est projeté dans une cour, sur un grand écran installé dehors par l'association.

Les enfants trépignent d'impatience, excités par ce moment tant attendu. Ce soir, c'est Peter Pan qui est projeté, en français. Ils ne comprennent pas ce langage mais les images font le principal. Les jeunes se tiennent chaud, les uns contre les autres. On n'entend plus un bruit pendant la projection, à part des rires, des petits cris, des souffles qui se coupent... les regards sont subjugués... Ils redeviennent le temps d'une soirée, des enfants qui vivent un instant de magie, tout simplement.


Pour que l'on organise votre voyage solidaire à Madagascar, je vous invite à demander un devis, gratuit et sans engagement.

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