Pourquoi ne pas avoir peur de l’avion : risques, probabilités et astuces pour un vol serein
- Philomène Martinelli
- 19 sept. 2019
- 10 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 nov. 2025
Vous redoutez le simple fait de monter dans un avion ? Prenez une grande inspiration, car les lignes qui suivent pourraient bien vous réconcilier avec le ciel. On vous l’a sans doute déjà répété : si vous acceptez (sans trembler) de parcourir des kilomètres en voiture ou en autocar, alors refuser l’avion relève davantage de l’émotion que de la logique.
La peur de voler est une peur tenace, irrationnelle, profondément humaine. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’avion demeure de très loin le moyen de transport le plus sûr au monde. Alors, avant de céder à l’angoisse, regardons de plus près ce que disent les probabilités.
D’ailleurs, si vous êtes sujet à cette appréhension, rassurez-vous : vous appartenez aux 20 % de la population qui partage cette phobie.

Peur de l’avion : l’infographie des risques et probabilités
Pour commencer, voici mon infographie sur les accidents en avion qui résume tout ce que je développe ci-après.

➜ À lire : Bien préparer un voyage en avion ✈️
Probabilité de crash d’avion : chiffres clés à connaître
La plupart des lecteurs de cet article cherchent une réponse à cette question : « Combien de chances de mourir en avion ? ». Le mot chance en dit long sur notre rapport au risque. Face à l’avion, ce n’est pas de hasard qu’il s’agit, mais de statistiques, de technologies et de probabilités qui laissent bien peu de place au destin.
Vous voulez des chiffres, des statistiques, du concret sur les dangers que vous courez, les risques d'avoir un accident, un crash, ou même de mourir en prenant l'avion ? En voilà !
Un risque sur 10 Milliard de mourir en avion
Vos risques de mourir en avion sont extrêmement faibles. Pour 10 milliards de passagers qui effectuent 1 km en avion chaque année, on enregistre un mort.
Soit chaque année un risque sur 10 milliards de mourir à chaque kilomètre parcouru en avion. C'est peu non ?
Un vol sur 12 millions a un accident
Statistiquement, la probabilité d'avoir un accident à chaque fois que vous prenez l'avion, est de 1 sur 12 millions (un accident pour 12 millions de vols).
Soit 0,00001% de risque que ça vous arrive quand vous prenez l'avion. De plus on parle là de tout type d'accidents et pas uniquement des crashs !
Sur la totalité des passagers enregistrés sur les vols ayant crashés ces dernières années, on constate que 95,7% des passagers survivent au crash !.
La voiture est beaucoup plus mortelle
Avion ou voiture : quel est le moyen de transport le plus sûr ? La réponse est claire : La voiture est 72 fois plus dangereuse que l'avion.
Pour 10 milliards de passagers qui effectuent 1km en voiture chaque année, on enregistre en moyenne 72 morts. Cela signifie que la partie la plus dangereuse du vol est en réalité le trajet en voiture jusqu’à l'aéroport.
Si vous êtes logique, il est plus censé de paniquer en voiture et de se sentir soulagé une fois assis dans un avion (Ah.... enfin en sécurité !).

➜ À lire : Les voituriers dans les parkings d’aéroports
Pourquoi ne pas s'inquiéter ?
En France, 3 décès sur 100 sont causés par un accident domestique à domicile. Vous avez donc 3 "chances" sur 100 de mourir d'un accident domestique à votre domicile, alors quittez votre domicile au plus vite et partez en voyage :)
Les probabilités de mourir en avion sont bien plus faibles que celles de mourir d'une intoxication alimentaire.
Alors si vous voulez éviter la mort en avion, concentrez-vous plutôt sur le film ou le plateau repas que sur les turbulences (ne devenez pas « hypocondriaque du plateau repas » non plus, c’est juste 1 intoxication pour 3 millions de repas servis en avion…)
Les trous d'air n'existent pas
Trou d'air, ce n’est qu’une expression pour décrire l’impression de tomber pourtant il n’y a pas de « vide » d'air !
Ce n’est qu’une sensation désagréable causée par les turbulences.
Les turbulences ne sont pas dangereuses
Turbulences en avion : est-ce dangereux ? Non ! Les turbulences ne sont pas signes de danger.
Elles ne peuvent pas provoquer de crash à elles seules, l’avion ayant été conçu pour résister aux plus fortes.
Il faut donc intégrer le fait que l’avion résiste aux turbulences pour votre sécurité, mais il ne peut pas pour autant vous offrir un confort douillet en tout temps.
Vous serez donc secoué comme en 4X4 sur un chemin rocailleux, ça remue certes, mais c’est tout à fait NOR-MAL.
Les accidents pendant les zones de turbulences concernent les chutes de passagers non attachés et les chutes de bagages. Ceux-là n’ont pas écouté les consignes de l’hôtesse !

Autant de "chance" de mourir en avion que de gagner le jackpot au loto
Vous avez autant de chance de remporter le jackpot au Loto que de mourir en prenant l'avion (1 ticket jackpot sur 13 millions de tickets perdants).
Essayez donc de gagner le jackpot au Loto et on en reparle :)
Croiser un moustique est plus dangereux que de prendre l'avion
Le moustique tue jusqu'à 800 000 personnes par an dans le monde. Les accidents d'avions ne tuent que 300 à 1000 personnes par an dans le Monde !
N'ayez plus peur des Boeing, mais plutôt des moustiques rencontrés en voyage... (De la citronnelle et des manches longues) !
Finalement, est-ce dangereux de prendre l'avion ?
Un crash aérien est un événement très violent. C'est cependant une cause de mortalité extrêmement rare en comparaison avec les autres causes plus courantes.
Car si on récapitule, pour mourir en avion cette année, il faut monter dans le mauvais avion parmi les 12 millions qui n'ont aucun problème, mais aussi faire partie des 4,3% de non rescapés !
Ça vous laisse un peu de marge...
Combien de crashs par an et quelles chances de survie ?
Lors des trente dernières années, la sécurité aérienne a progressé à un niveau que peu d’industries peuvent revendiquer.
En 2024, selon l’IATA, on a recensé 7 accidents mortels pour plus de 40 millions de vols commerciaux. Un ratio qui confirme une amélioration constante depuis vingt ans.

Il y a soixante ans, craindre l’avion avait encore un fondement : la technologie était moins fiable, la formation des équipages plus inégale et la maintenance parfois approximative. Aujourd’hui, tout cela relève d’un autre siècle.
Les avions modernes sont équipés de systèmes automatisés capables de détecter la moindre anomalie avant même qu’elle ne devienne un problème.
Les systèmes de sécurité, les contrôles automatisés et l’exigence réglementaire internationale ont transformé le risque d’accident en événement exceptionnel, scruté et disséqué à chaque occurrence.
Le moment le plus risqué d’un vol
Si vous deviez pointer un instant où le danger se concentre, sachez qu’il se limite à trois minutes après le décollage et huit minutes avant l’atterrissage.
Ces dix minutes cumulées concentrent la majorité des accidents recensés. Le reste du vol, aussi secoué soit-il, relève presque toujours du confort, pas de la sécurité.

Et les chances de survie ?
Contrairement à l’imaginaire collectif, un crash aérien n’équivaut pas à une issue fatale.
Les statistiques le prouvent : près de 96 % des passagers survivent aux accidents d’avion, toutes causes confondues.
Les carlingues sont conçues pour encaisser des impacts colossaux, les sièges pour résister aux décélérations extrêmes, et les équipages formés à des procédures d’évacuation minutieusement chronométrées.
En somme, voler aujourd’hui, c’est accepter un risque si faible qu’il en devient presque théorique. Ce n’est plus votre peur qu’il faut questionner, mais la persistance du mythe qui l’entretient.
Sécurité aérienne 2025 : chiffres récents et tendances
Les derniers bilans publiés début 2025 confirment que voler reste très sûr, malgré une hausse ponctuelle du nombre de victimes en 2024 liée à quelques catastrophes majeures en fin d’année (en Corée du Sud et au Kazakhstan).
En un coup d’œil
Taux global d’accidents 2024 côté IATA : 1,13 par million de vols soit environ 1 accident pour 880 000 vols.
46 accidents recensés pour environ 40,6 millions de vols commerciaux.
7 accidents mortels en 2024, contre 1 en 2023.
244 décès en 2024, en grande partie concentrés sur deux événements graves (en Corée du Sud et au Kazakhstan).
Risque de décès passager très faible : 0,06 en 2024, supérieur à 2023 mais inférieur à la moyenne sur cinq ans.
Pourquoi les chiffres varient selon les sources
Les méthodes de comptage diffèrent. L’IATA se concentre sur l’aviation commerciale régulière et publie un taux par million de vols. L’OACI produit un panorama plus large et peut intégrer davantage d’« accidents » au sens opérationnel. Résultat : les tendances concordent sur la forte sûreté du transport aérien, même si le volume brut d’accidents diffère.
Tendances à retenir
L’amélioration structurelle sur dix ans se confirme : la fréquence des accidents par vol continue de baisser en moyenne glissante.
Les variations annuelles du nombre de décès tiennent surtout au poids de quelques drames isolés.
Les phases critiques restent le décollage et l’approche, raison pour laquelle les programmes de sécurité ciblent prioritairement ces moments.
Comment minimiser les risques ?
Les risques sont extrêmement faibles, mais voici quelques façons de le réduire davantage.
Compagnies aériennes : vols réguliers, low-cost, charters… quel impact sur la sécurité ?
Si vous volez avec une compagnie aérienne placée en haut des classements (type Air France), vous avez un risque sur 20 millions d'avoir un accident, avec une compagnie aérienne en liste noire, un risque sur 2 millions !
Pourquoi ? Car les vols réguliers ont tout simplement plus de moyens et font donc moins d'économies qui peuvent affecter la sécurité.

Meilleure place dans l’avion pour la sécurité
Quelle est la meilleure place dans un avion sur le plan sécuritaire ?
D'après une étude menée par le magazine américain Time, basée sur 35 années de données d'accidents d'avion, il a été révélé que les places situées à l'arrière présentent statistiquement moins de risques.

En cas d'accident mortel, le schéma ci-dessus révèle que les passagers occupant les sièges arrière centraux avaient un taux de mortalité plus faible que ceux des sièges de l'allée centrale !
Ces chiffres sont issus des statistiques de l'article "This Is the Safest Place to Sit on a Plane" publié en juin 2015.
Cette constatation s'explique logiquement par le fait que les sièges près des sorties arrière offrent une meilleure opportunité de quitter l'avion rapidement en cas d'urgence.
En revanche, les rangées de sortie centrales sont plus risquées en raison du stockage de carburant dans les ailes de l'avion.
➜ À lire : Quelle est la meilleure place dans l’avion ?
Comment ne plus avoir peur de l’avion : techniques et accessoires utiles
Procurez-vous les meilleurs accessoires pour prendre l'avion pour optimiser votre confort
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Bouquinez cet excellent ouvrage avant le départ ou pendant le vol : "Je n'ai plus peur de l'avion".
Équipez-vous d'un casque anti-bruit pour ne pas paniquer au moindre son mal interprété : La référence en la matière, c'est le Bose Quiet Comfort qui vous coupera complètement du Monde et vous plongera dans la quiétude la plus totale, avec ou sans musique. Il n'est pas donné, mais il est d'une qualité inégalée par ses concurrents.
Mâchez une gomme de mélatonine pour vous endormir facilement, même avec un décalage horaire important !
Ou... Demandez un verre de vin à l'hôtesse de l'air si ça peut vous détendre :)
Quels médicaments pour calmer la peur de l’avion ?
La peur de l’avion touche près d’un voyageur sur cinq, souvent de manière irrationnelle mais bien réelle. Certains ressentent une tension diffuse plusieurs jours avant le départ, d’autres une panique physique au moment du décollage.
Si les techniques de respiration et la préparation mentale restent les meilleures armes sur le long terme, il existe aussi des solutions médicamenteuses pour aider à traverser le vol plus sereinement.
Les anxiolytiques à action rapide
Dans les cas de panique ponctuelle, les médecins peuvent prescrire un anxiolytique de la famille des benzodiazépines, comme le Xanax (alprazolam), le Temesta (lorazépam) ou le Valium (diazépam).
Leur effet est rapide : ils apaisent la tension, réduisent les palpitations et aident à relâcher le corps.
Mais attention : leur utilisation doit rester exceptionnelle. Ces médicaments provoquent somnolence et ralentissement, ils sont donc incompatibles avec l’alcool, et ne doivent pas être pris sans prescription médicale.
Les alternatives plus douces
Certains praticiens privilégient des solutions moins puissantes comme l’Atarax (hydroxyzine), un antihistaminique sédatif à effet anxiolytique léger.
Il peut détendre sans provoquer d’accoutumance, mais entraîne souvent une sensation de fatigue ou de bouche sèche.
D’autres voyageurs préfèrent les plantes apaisantes (valériane, passiflore, aubépine) ou les compléments au magnésium et à la vitamine B6, qui atténuent la nervosité.
Ces approches naturelles ont l’avantage d’être accessibles sans ordonnance, mais leur effet reste modéré.
Et au-delà des médicaments…
Les traitements chimiques ne font souvent que masquer l’anxiété ; ils ne la résolvent pas.
Pour agir en profondeur, les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ou l’hypnose donnent d’excellents résultats.
Certaines compagnies, comme Air France, proposent aussi des stages anti-peur de l’avion, combinant simulateurs de vol, explications techniques et accompagnement psychologique.
Dans tous les cas, la clé reste la même : comprendre ce qui se passe en vol pour reprendre le contrôle sur sa peur.
Car en matière d’aviation, la connaissance est souvent le meilleur des tranquillisants.
Vous voilà rassuré(e) ?
Ces chiffres sont le fruit de nombreuses recherches et recoupements. Si vous souhaitez compléter ou corriger les informations de cette page, merci de me laisser un message en bas de l'article !
Pour poursuivre votre lutte contre ta peur en avion, il existe des stages de gestion de la peur en avion qui peuvent être pris en charge par le droit à la formation.
Mais... c'est bon pour votre bilan carbone !
Un des avantages de votre peur en avion est celui de réduire fortement votre empreinte carbone, à condition de ne pas remplacer l'avion par le paquebot qui est pire que tout ! Et puis, vous pouvez toujours voyager Loin sans prendre l'avion si vous êtes prêts à prendre votre temps et à partir au bout du Monde en train, en voilier ou à vélo !
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