Varanasi, dix jours dans la Ganges Nirvana Community

Pétunia est partie en février 2018 pour une année de voyage en Asie, toute seule, un sac sur le dos. Dans son tout dernier récit, elle nous dépeint ses dix jours sur les rives sacrées du Gange, à Varanasi.

 

Situer Varanasi

 

Etat : Uttar Pradesh

Population : 1,3 M hab.

Altitude : 400 m

Période : 2 e quinzaine de mars

Température : 30-35°J / 25°N

Y aller de Rishikesh : Vikram jusqu’à Haridwar Junction-Gare (1h – 40 Rs/50 Cents) puis train direct jusqu’à Varanasi Junction (12h à 14h… 1 125 Rs/14 € en 3AC – 9 couchettes)

 

 

Immersion dans l’une des sept villes sacrées de l’Inde

 

 

Arrivée en milieu d’après-midi à l’issue d’un long trajet en train (14h), j’ai été, comme il faut s’y préparer, interpellée à la sortie de la gare de Varanasi par plusieurs indiens me proposant les meilleurs hébergements - auprès des Ghats - à de faibles tarifs.

 

 

Sur les conseils d’une amie italienne rencontrée à Rishikesh, j’avais déjà réservé une chambre dans un Homestay situé à l’écart du centre-ville. J’avais en effet envie de découvrir cet endroit particulier présenté comme une authentique « community » : The Ganges Nirvana Homestay.

 

The Ganges Nirvana Community : un Homestay unique en son genre

 

Le propriétaire, Shashwat, âgé d’une trentaine d’années, avait été prévenant, et m’avait indiqué précisément l’adresse et le juste prix à payer pour s’y rendre depuis la gare (100 Rs/1,25 €). Au premier étage de la maison, une peinture murale sublimant Ganesh offrait quelques signes avant-coureurs de l’ambiance « hippie » que j’allais y trouver.

 

 

L’hôte m’avait tout de suite avertie sur l’esprit du lieu, pas vraiment un hôtel ou une guest house, mais un espace d’accueil fondé sur l’échange et le vivre-ensemble, une famille éphémère.

 

 

Le soir même, après une séance de yoga (informelle) dispensée par deux frères allemands, je partageais mon dîner avec une japonaise, une couple d’israéliens, un jordanien et deux indiens, un repas auquel tous avaient d’une façon ou d’une autre contribué.

 

Le lendemain matin, je suivais un cours de Hindi (informel) agrémenté d’un thé vert au gingembre préparé par mes soins, cela faisait un mois que je n’étais pas entrée dans une cuisine. Pendant ce temps, d’autres accomplissaient leur séance de yoga matinale,

 

Je rejoignais ensuite mes colocataires pour le petit déjeuner, au cours duquel nous devions nous présenter et exprimer nos idées sur ce que l’on pouvait apporter à l’aménagement général de la maison (fresque murale, réfection d’un sommier, réparation d’une fenêtre, création d’un meuble de rangement pour chaussures, etc.).

 

 

Ici on vit au jour le jour, le temps file et les journées sont comblées de toutes parts, si l’on veut bien se prêter au jeu du partage : des repas, de la préparation des repas, du ménage, des rickshaws, des Tchai, des Bhang Lassi, des discussions, des lieux à visiter, des savoir-faire. Découvrir une ville avec des « siblings » éphémères est aussi très sympathique, d’autant plus lorsqu'il s’agit d’une cité aussi complexe que Varanasi.

 

Fascinante Varanasi

 

Varanasi est bien à la hauteur de sa légende, pleine de paradoxes et fascinante pour ceux qui prennent le temps de l’explorer. Les berges du Gange ont le charme désuet des pays d’Antan, évoquant par leur lumière et leur atmosphère certains tableaux de la Renaissance. Mirage perturbé par les seules publicités Airtel (opérateur téléphonique) peintes sur les coques d’embarcations de fortune flottant sur le fleuve impassible et majestueux.

 

Il faut se perdre dans les ruelles étroites de la vieille ville (Gali), encombrées de shop et de temples étriqués, et se poser tout autant sur les Gaths ornés de palais délabrés et de marches démesurées. Si chaque Gath possède sa propre couleur et son esprit, les parcourir offre un des plus envoûtants spectacles de l’humanité.

 

 

On y vient pour laver son ligne, jouer au criquet, faire du yoga, fumer le chillum, déguster des dosas, commercer sur l’eau, boire du Tchaï, danser et chanter, écouter de la musique classique, déposer des offrandes en l’honneur de Shiva, faire un tour en bateau, brûler les corps, réciter des Mantras, ou simplement « chiller ».

 

Et puis il y a le chemin d’accès aux Ghaths, ce qui les précède, ces grandes avenues fourmillantes, qui se transforment à la tombée de la nuit en immenses processions affluant de toutes parts. Face à cela, seule une certaine insouciance permet de traverser le carrefour central de Godowlia tant la circulation y est chaotique : libérer le corps et l’esprit de tout formalisme, agir intuitivement, les sens aiguisés, l’attention affûtée.

 

 

Une autre façon de ressentir et de vivre, à toute heure du jour et de la nuit. Mais les meilleurs moments sont l’aube (5h) et le crépuscule(18h30). Lorsque dans la pénombre, on entrevoit les silhouettes de cette multitude. Dans les rues, on y dort, mange, boit, marche, vend et achète, on y chante, diffuse de la musique et on y prie. On y transporte toutes sortes de choses, et on y roule aussi beaucoup par tous les moyens, en voitures, moto, 4x4, rickshaw, bus, vélos, camions, charrettes, carrosses.

 

Chaque fois que je me rendais aux Ghats, j’observais inlassablement ces va-et- vient avec ces questions en tête : Mais que font tous ces gens qui déambulent ? Où vont-ils ? D’où viennent-ils ? Tentée de reproduire les expérimentations de Sophie Calle lorsqu’elle prenait en filature certains de ces sujets photographiques. Mais c’est certainement grâce à ces chères vaches et chiens qui jonchent les rues et les berges, révélant par leur nonchalance combien tout cela peut bien coexister, que je me laissais finalement bercer par cette vision hallucinée d’un quotidien intemporel.

Sarnath, là où Buddha révéla les « Quatre Noble Vérités 

 

 

 

Située à 1h-1h30 selon le trafic de Varanasi en rickshaw (10 km au nord - 500 Rs/6,20 €), Sarnath constitue une escapade reposante loin du tumulte de la ville: une large avenue parsemée de quelques shops et d’un musée archéologique mène au fameux parc des gazelles jouxtant le site historique où Bouddha éveillé prononça son premier enseignement.

 

La vie est souffrance,

L’origine de la souffrance est l’attachement,

La cessation de la souffrance est réalisable,

Il y a un chemin vers la cessation de la souffrance.

 

Ici, les ruines des hommages passés entourent une monumentale Stupa (30m de diamètre), élaborée au fil des siècles et des règnes. Et pour apprécier la pleine nature de ce sanctuaire, il suffit simplement de se promener dans ses allées, saluer les antilopes bénies – que l’on retrouve sculptées sur les frontispices de la majorité des temples bouddhistes – assister au coucher du soleil rasant, et méditer sur l’équanimité et la compassion, tel que l’a enseigné Bouddha…

 

 

Dix jours à Varanasi : le Bilan

 

Alors même que je ne prête pas souvent attention aux logements dans lesquels je séjourne, j’ai trouvé à Ganges Nirvana Community une voie d’excellence très « friendly » pour apprécier les multiples facettes de Varanasi… Union mystique de la vie et de la mort dans un ballet d’incessantes agitations urbaines mêlées à des espaces de profonds recueillements. La vie y fourmille, les odeurs et les sons y fustigent, tandis que les pavés des Ghats sacrés, délavés par les moussons saisonnières, révèlent l’âme de cette cité ancestrale.

 

Varanasi : Mes astuces et infos en vrac

 

  • GANGES NIRVANA HOMESTAY : 500 Rs/6,20 € par nuit (chambre simple/Salle de bain partagée, repas inclus). Couchsurfing possible en échange de contributions (activités, aménagements, cuisine, ménage) et d’une participation aux repas à hauteur de 250 Rs

 

  • COURS DE YOGA : libres et gratuits chaque matin de 7h à 7h30 sur Assi Ghat (plein air). Si vous ne souhaitez pas y participer, vous pouvez toujours y assister, car c’est un véritable spectacle en soi !

 

  • VISITE GUIDÉE de la vieille ville (par un non officiel) : 300 Rs/3,7 € par personne (nous étions trois)

 

  • CROISIÈRE sur le Gange : 150 Rs/1,8 € par personne pour 1h (nous étions trois)

 

  • SARNATH, TEMPLE JAIN : situé le long de l’avenue principale, ce temple vaut le détour : religion réservée aux élites (le PDG de Tata en serait un adepte), le jainisme présente de nombreuses particularités, et notamment celle de la nudité adoptée par ses maîtres spirituels, à l’instar des peintures qui recouvrent entièrement les murs intérieurs de l’édifice.

 

  • INDISPENSABLES : Boules Quies, habituellement conseillées pour la nuit, elles peuvent aussi être utiles de jour lors de vos déplacements en ville…

 

  • KRISHNAMURTI FOUNDATION : Je n’ai pas eu l’occasion de m’y rendre, mais j’ai recueilli de très bons échos de cet ashram fondé par ce fameux maître spirituel. On peut le visiter, y séjourner, prendre des cours.

 

  • BANGH LASSI : Boisson à base de H, vendue légalement dans quelques shop autour du Godowlia (70 Rs/85 cents le verre)

 

  • SPIRITUALITE : OM (évocation directe de notre Dieu intérieur) ; SHANTI (peace) ; SHIVA (Conscience, expansion).

 

 

 

« You need to get a lot of knowledges

to understand that knowledges are nothing » 

 

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